William Commanda

 

Grand-Père William est parti rejoindre la terre de ses Ancêtres

William est né le 11/11/ 1913 à Kitigan Zibi, près de Maniwaki, au Québec.

 William Commanda ,de son nom autochtone OJIGKWANONG, est le doyen des aînés de la réserve algonquine Kitigan Zibi, au Québec. C'est l'arrière-petit-fils de Pakinawatik, le chef héréditaire algonquin qui a amené son peuple à s'établir sur ses territoires traditionnels de chasse et de trappe, près de la rivière Outaouais, au milieu du dix-huitième siècle. Comme lui, l'aîné Commanda est le gardien de trois ceintures wampum à caractère historique et sacré dont celle de la Prophétie des Sept Feux. Chef de la bande Kitigan Zibi durant plus de 19 ans (1951 - 1970), W. Commanda est également guide, trappeur, bûcheron. Il était connu pour son habileté exceptionnelle à construire des canoës d'écorce de bouleau selon la tradition algonquine qui lui a valu une renommée mondiale. Il a pris la tête de la « Sunbow Five Walk for Mother Earth »(Marche Arc-de-Soleil Cinq pour la Terre Mère) et est considéré comme un porte-parole et un chef spirituel très respecté lors des rencontres nationales et internationales. Il participe régulièrement à des visites pacifistes et spirituelles à l'ONU et est reconnu partout au monde pour ses activités de promotion de l'harmonie interraciale et interculturelle, de la justice et du respect pour la Terre-Mère.

Au cours de sa vie, "Grand-père" William Commanda a été témoin à maintes reprises de l’oppression de son peuple et de la quasi-destruction de son territoire, de sa langue et de sa culture. En 1961, souffrant d’un cancer incurable et arrivé au point le plus creux de sa vie, il vécut un profond éveil spirituel qui le posa fermement sur le Chemin Rouge du pardon, de l’amour, de la compassion et de la réconciliation. Il comprit alors l’urgence de réunir les peuples des quatre races symboliques de l’humanité, de développer des relations basées sur ces valeurs et de créer une synergie qui contribuerait à la transformation spirituelle d’un monde perçu par plusieurs comme étant "en faillite spirituelle".

C'est à la quatrième conférence des premiers ministres sur les droits ancestraux et l'autonomie gouvernementale des Autochtones, en 1987, que le chef William a commencé à livrer son message provenant des ceintures wampum. En 1990, il a été invité à bénir de façon traditionnelle le monument canadien des droits de la personne à Ottawa (sur un territoire traditionnel algonquin) avec le Dalaï-Lama. En 1998, le sage William a participé à une cérémonie au cours de laquelle il a présenté à Nelson Mandela, alors président de l'Afrique du Sud, une plume d'aigle au nom des Premières nations du Canada.La même année, il a organisé une rencontre de sages et de chefs spirituels autochtones, provenant tant d'Amérique du Nord que d'Amérique du Sud, qu'il a appelée " Aînés Without Borders" (Aînés sans frontières).

Au cours des 20 dernières années, en plus d'avoir participé à des conférences des Nations Unies et au Conseil mondial des Eglises,il a fait des discours et des démonstrations de cérémonies traditionnelles du calumet à des conférences tant au Canada que dans d'autres pays, comme la Suisse, la France, l'Allemagne, le Danemark, les États-Unis, le Mexique et le Japon

Il a reçu un prix « Wolf » et un Prix de l'harmonie pour saluer sa contribution à l'harmonie raciale au moyen du « Cercle de toutes les Nations », un événement annuel international organisé chez lui, à Maniwaki. Ce qu'il nous enseigne: "Nous devons nous rassembler en un seul coeur, un seul esprit, un seul amour et une seule détermination."

 

Paroles de W. COMMANDA : La Nature est notre Terre Mère

Chaque année, il répand ses paroles de sagesses auprès de son peuple et auprès des canadiens pour aider leur coeur à s'ouvrir afin qu'ils préservent la nature. Pour de nombreux indiens d'Amérique, William Commanda est considéré comme un sage.

 « La nature est notre Terre Mère et elle nous donne tout ce dont nous avons besoin. Mais l’Homme, dans sa cupidité et son ignorance, prend à la nature plus que ce dont il a besoin. Plutôt que de protéger Celle qui le fait vivre, il abuse de tous ses dons. La nature, jusqu’à présent, est restée patiente.

Mais les esprits qui protègent les éléments de la nature ne peuvent pas rester ainsi sans se défendre. Voilà pourquoi aujourd’hui, lorsqu’un orage éclate, ce n’est pas juste une pluie rafraîchissante qui tombe sur la terre mais un torrent d’eau qui prend tout sur son passage. Quand le vent souffle, ce n’est plus un simple brin d’air mais une véritable tornade qui arrache tout sur son passage (Ndlr : il fait probablement référence à l’ouragan Catherina qui a dévasté l’Amérique quelques semaines auparavant).

Les esprits de la Nature sont maintenant fâchés et tant que l’Homme ne fera pas ce qui est nécessaire pour rendre un peu à la nature ce qu’il lui a pris, en la protégeant et en priant pour devenir des êtres vivants plus responsables, alors les éléments se déchaîneront.

Les indiens d’Amérique, dans leur traditions ancestrales, savaient qu’il ne fallait pas prendre plus à la nature que ce dont ils avaient besoin. La chasse et la pêche étaient maîtrisées et raisonnables. Des prières et des chants étaient récités chaque jour pour remercier la Terre Mère et ses esprits pour tous leurs bienfaits et leur générosité.

Mais aujourd’hui, l’Homme prend sans se soucier des conséquences de ses actes, ne réfléchissant qu’au bénéfice qu’il peut tirer de ce qu’il a prélevé. Il ne coupe pas un seul arbre pour se chauffer mais 1000 arbres pour les revendre et faire du bénéfice. Lorsqu’il construit une usine, il ne se soucie pas de savoir si les déchets polluant de son industrie se retrouvent dans la rivière voisine, tuant les poissons et empoisonnant les indiens qui y pêchent. Il ne pense qu’a faire des économies pour gagner toujours plus.

Les esprits de la rivière ne laisseront pas faire une telle chose encore très longtemps. La Terre Mère aujourd’hui doit se défendre.

Puissions-nous retrouver la raison et faire ce qu’il faut pour calmer sa colère. Prions pour cela ».

 

( William Commanda et le Dalai Lama )

 

Grand-Pére William est parti à l'âge de 97 ans

L’âme et le coeur d'un peuple se sont éteints ce 3 août 2011 à 4h30. William Commanda, leader spirituel de la nation algonquine, s’est éteint à l’âge de 97 ans. « C’est une page de notre histoire qui se ferme avec William Commanda mais il laissera longtemps dans la mémoire du peuple algonquin le souvenir d’un grand homme voué à la défense des siens et de la protection de l’environnement » a déclaré la Vice grand chef du Conseil tribal de la nation algonquine anishinabeg, Mme Marlène Jérôme. Né le 11 novembre 1913, William Commanda, de son vrai nom Ojigkwanong (Étoile du Matin), était l’arrière-petit-fils de Pakinawatik, le leader algonquin qui avait conduit son peuple du lac des Deux Montagnes jusqu’au site de l’actuel réserve indienne de Kitigan Zibi en 1854 (alors désignée sous le nom de réserve de la Rivière Désert). William Commanda fut chef de la communauté à la suite de son illustre arrière-grand-père de 1951 à 1970. Il avait également été choisi comme chef suprême du seul mouvement visant la création d’un gouvernement autochtone indépendant, le North American Indian Nation Governement, en 1945. La création de ce gouvernement se voulait une réponse au gouvernement qui refusait alors tous droits aux peuples autochtones. Plusieurs des leaders qui avaient soutenu la création de ce gouvernement avaient par la suite fait l’objet de poursuites de la part du gouvernement fédéral et avaient été condamnés à des peines de prison pour conspiration. Ancien trappeur et bûcheron, William Commanda était également connu pour sa parfaite maîtrise de l’art de la construction de canots d’écorce. Mais c’est surtout en tant que gardien des wampums sacrés qu’il était connu ces dernières années, dont le fameux wampum des Sept Prophéties considéré comme un document fondateur de la nation algonquine. Il a donné de nombreuses conférences sur le sujet un peu partout dans le monde. Il était depuis plusieurs années le guide spirituel d’un mouvement pacifique international, le Cercle des nations, et recevait chaque année au début du mois d’août des centaines de visiteurs d’un peu partout dans le monde venus entendre ses enseignements. Il favorisait la bonne entente entre les nations et la protection de la Terre-mère. Bien que humble, il avait rencontré la plupart des grands leaders politiques et spirituels du monde. Il s’était retrouvé aux côtés du Dalaï Lama en 1990 à Ottawa et, plus tard, en 1998 en compagnie de Nelson Mandela. En 2008, il recevait l’Ordre du Canada des mains de la gouverneure générale, Michaëlle Jean. Il prononcera de nombreux discours à l’Organisation des Nations Unies, contribuant à l’adoption de la Déclaration de l’ONU sur les droits des peuples autochtones.