J'ai connu autrefois...

 

J'ai connu autrefois...

 

J'ai connu autrefois un monde merveilleux...
La nature indomptable, que l'on refusait de dompter
Les nuages enchanteurs, que l'on voyait défiler aux cieux
Et le temps incertain, que l'on acceptait sans maugréer
J'ai connu autrefois un lieu merveilleux
Où l'harmonie régnait dans un désordre orchestré par les Dieux,
Des Dieux de toutes sortes que l'on savait loyaux
Et qui ne nous asservissaient pas d'impossibles idéaux

J'ai connu autrefois un lieu merveilleux...
Les montagnes étaient hautes, si hautes... mais jamais infranchissables
Les rivières charriaient dans leur lit notre réserve d'eau potable
Et soulageaient nos pieds fatigués sur les sentiers rocailleux
Elles étaient parfois profondes ces rivières qui jaillissaient
En torrents sauvages et limpides, dans lesquels on se désaltérait
Elles étaient profondes, si profondes... mais jamais on ne s'y noyait
Elles exprimaient leurs murmures fougueux, à nos oreilles qui les écoutaient

J'ai connu autrefois un lieu merveilleux
Les oiseaux gazouillaient fièrement parmi les feuilles qui bruissaient
Agitées par mille vents célestes qui nous rafraîchissaient
Comme autant de soupirs divins qui nous rendaient heureux
J'ai connu autrefois un lieu merveilleux
Où le soleil réchauffait nos esprits et nos cœurs
Nous rendant le sens de l'immensité de la richesse intérieure
Nous éclairant sur les chemins parfois longs de nos jours heureux

J'ai connu autrefois un monde merveilleux
Qui ne demandait rien, sauf notre respect, pour éviter son courroux,
Qui ne demandait rien, à nous, qui donnions tout
J'ai connu, autrefois... un monde... merveilleux...
Un monde que vous n'avez pas compris...
Un monde à jamais anéanti, détruit...
Insensibles aux cris de douleur qui montaient de votre mère la Terre
Quand, sans regret, elle fut massacrée, toute entière...


Ce matin je cherchais dans la lueur du jour, le souvenir d'une paix fraternelle. Les yeux vers le ciel, je traçais un chemin jusqu'au plus bleu de l'espoir, la terre nous mettait en garde, le vent dans les arbres nous parlait d'un temps qui aujourd'hui s'échappe. Simplement écouter, sentir et voir dans l'ultime repos du guerrier, notre dernière tache repose à jamais dans ce que nous pourrons transmettre à nos enfants. Tant dis que le soleil trouvait cette place dans le gris de la pluie, le vol de l'oiseau sous le fil tendu de la vie, nous disait qu'il reste toujours une lueur. Ecoutes ton coeur de tonnerre, nous ne sommes pas en trop mais en plus.... Dis le à ceux qui ne veulent pas du loup.

Crasy Horse