Kanunan

 



Kanunan

Seul (kanunan)
Mes pas de lune
Traversent la rivière de quenouille
Éternelles flottements
Dépaysé dans ma propre sépulture
J'ai perdu le printemps
Au fond de mon wigwam

Disjoncté la forêt
Les lacs sont cendres
Les rivières sanglotent
D'avoir perdu leurs virginitées
Métis au coeur écartelé
Mon angoisse puise sa souffance
Du fond des millénaires
Houlées par les hommes fantômes
Crachant les âges révolus
Le huard s'est tut
Les dieux ont déserté
Pour m' étrangler
À la corde de l'épouvante
Arrière-goût de liberté
Voler sous la lueur spectrale
Des réserves sanctifiées
Je suis une baleine
Du Labrador échouée
Sur les rives de la méchanceté
Dépecé par l'ignorance
Rejeté, épave brûlée
L'océan m'avale
Sous le cercle pâle
D'une lumière de lune
Métis écartelé
Au cœur délavé
Un songe naît dans l'abîme
Éclore alors ma liberté
Pencher aux montagnes du matin
Ni-uitchin (je demeure seul)
À chercher le dernier feu
De ma solitude
Refuge du secret éternel
Nitaihitch (dans mon cœur)

Marco Boudreault@